Entretien avec Marie-Jeanne Urech

di Karine Fankhauser

Pubblicato il 27/01/2004

Marie-Jeanne Urech vous publiez votre premier livre, un recueil de nouvelles intitulé "Foisonnement dans l'air" édité aux éditions de l'Aire.
En tant que nouvelle arrivée dans le paysage littéraire romand, je vous demande de vous présenter.

J'ai 27 ans, je suis lausannoise. J'ai fait des études en sciences sociales à l'Université de Lausanne. Après j'ai décidé de faire une formation de réalisatrice à Londres pendant 2 ans. Maintenant je réalise des documentaires et parallèlement j'ai écrit ce recueil de nouvelles.

Pourquoi avoir choisi d'écrire des nouvelles et non un roman ?

J'avais déjà écrit des poèmes ou des petites pièces de théâtre, mais je n'avais jamais écrit dans une continuité. Puis j'ai voulu me consacrer à un texte plus conséquent en vue d'une publication. Comme première oeuvre, je trouve que le roman est quelque chose de plutôt lourd. C'est pour cette raison que je me suis lancée d'abord dans les nouvelles pour ainsi acquérir plus d'expérience. Et en plus j'aime les nouvelles, elles me correspondent mieux, je préfère ce qui est concis, les histoires courtes. Je n'aime pas m'étendre sur les choses et le choix de nouvelles me permettait de raccourcir au maximum mes pensées.

Comme vous nous l'avez dit, vous réalisez des documentaires, des oeuvres plutôt réalistes, en revanche vos nouvelles se déroulent dans un monde décalé, proche du théâtre de l'absurde. J'aimerais que vous me parliez des deux aspects de votre travail...

Ce sont deux approches complètement complémentaires et c'est pour ça que j'aime faire les deux en même temps. Un film se fait en équipe, il y a donc un partage. Les documentaires comme je les fais se veulent réalistes, donc je prends les gens tels qu'ils sont, il n'y a pas de répétitions, pas de mise en scène. Tandis que dans l'écriture tout est très travaillé. Presque chaque phrase a son importance, mais c'est un travail cette fois solitaire, et donc les deux se marient très bien et le résultat donne un bon équilibre

Vos nouvelles sont régulièrement calquées sur un même modèle; parlez-moi de la structure de vos nouvelles, car je pense que ce choix donne une unité à votre texte...

L'unité vient d'abord des thèmes traités, la vieillesse revient souvent, l'attente aussi, ce sont des thèmes que j'aime bien.
Mais c'est vrai que je commence toujours de la même manière, je m'intéresse d'abord au début de l'histoire et à sa chute, mais je ne sais pas forcément quel va être le milieu. De sorte qu'après ma phrase de départ, je me lance; et un mot, une idée peut en amener une autre et puis j'essaie de faire en sorte que tout concorde avec ce qui sera la chute de l'histoire. J'applique ce principe à toutes les nouvelles.

Il y a un ton M-J Urech, qui amène un style drôle, mais aussi caustique et plein de malice. J'aimerais que vous me parliez de ce style...

Ce style correspond à ce que je suis aussi dans la vie. J'aime bien mettre de l'humour un peu partout. L'humour me permet de passer des messages graves et sérieux plus facilement. J'aime faire rire les gens, je pense que l'on peut rire de tout. Dans la vie de tous les jours, j'ai pas mal d'humour et je pense que ça doit se ressentir dans mes textes. Il y aussi une certaine part de cynisme et d'esprit critique qui diminue la dose de tristesse.

Aimeriez-vous ajouter quelques mots à cet entretien ?

Dans ma manière d'écrire, quand je dois écrire une nouvelle, je suis toujours très réceptive à ce qui se passe autour de moi. Il y a régulièrement des sujets de fond qui reviennent et j'essaie de percevoir des images qui puissent me donner des idées ou des situations qui me parlent. J'écris tous les matins deux heures et pendant toute la journée je pense au texte. Le soir je me remémore ce que j'ai écrit et j'en profite pour anticiper le texte du lendemain.

Rassegna stampa (selezione)

« Au fil de ces dix nouvelles, le monde se déforme sans cesse, rétrécissant une fois, s'élargissant une autre. [...] Dans ces histoires en roue libre, la langue compte pour beaucoup. Encore faudrait-il qu'elle se montre magique, ce qui reste loin d'être toujours le cas » (Tribune de Genève, 24.11.2003).

«L'eccellente libretto di novelle di Marie-Jeanne Urech lo possiamo collocare, nella nostra biblioteca, accanto ai Racconti geroglifici di Horace Walpole o alle Favole crudeli di Robert Louis Stevenson. E' può inorgoglirsene l'autrice, che a ventotto anni esordisce sfoggiando uno stile in cui divertimento surrealista, doppifondi metafisici e gusto per la lingua sono perfettamente organizzati. I suoi personaggi ricordano quelli di Ionesco, alle prese con ispiegabili metamorfosi, fluttuazioni d'identità, corpi che si sfanno a ritmo dissennato, smottamenti di tempo e di spazio. Non sono per contro beckettiani: accettano le aporie del destino, ottemperando tranquilli all'assurdità della materia, all'immagine della dolce signora Pick, che dopo aver perso il marito e i figli-trovati nella trasformazione della loro casa-torre in un gigantesco tritatutto, si sdraia in un cratere sdrucciolevole e "chiude gli occhi su un cimitero di saggezza". Buona parte dei racconti si costruiscono come apologhi senza morale: se nel cielo del paese di lago si affollano le vacche da latte, se sulla strada di carta vetrata il signor Piltave curva solo a destra, se il signor Alucas cambia identità quando sua moglie cucina il midollo in luogo della consueta fricassea, sarà stupido cercarvi un punto d'appoggio, Marie-Jeanne Urech ama troppo il surrealismo per lasciarsi tentare dal simbolismo troppo esibito. L'amore per il surrealismo, certo, la fa partire talvolta in cavalcate narrative quasi eccessive: tre racconti hanno un tono meno motteggiante, e sono costruiti in concatenazioni bunueliane. Si svolgono in teatri, tra banchetti e funerali, al ritmo di un concerto pseudo-ligetiano delirante, o tra le zuffe di tre parche litigiose ed isteriche. Non è forse il versante del libro che convince di più, ma costituisce un eccellente contrappeso stilistico alla quasi-favolistica andatura degli altri racconti. Al male di vivere del Messer Castellano e della sua madre millenaria (prestata ad un boscaiolo per natale), all'incredibile concerto di tubi e scoli nell'appertamento di Madame Adame. Marie-Jeanne Urech firma così un primo libro dal talento affatturante» (Pierre Lepori, «RSI Rete Due», 04.03.2004).