Pascal Rebetez

Rebetez, Pascal

Nato nel 1956 a Delémont, Pascal Rebetez è editore e autore di poesie, di teatro e di racconti. Ha fondato la casa editrice Editions d'autre part e lavora come giornalista alla Televisione svizzera romanda. Vive tra Ginevra e il Vallese.

 

Bibliografia

  • Poids lourd, Genève, Editions d'autre part, 2017.
  • Écrits du Valais 1572-2014. Une anthologie, avec Jasmine Liardet, Genève, Éditions d'autre part, 2014.
  • Les Prochains. Vingt-cinq portraits, Delémont, D'autre part, 2012.
  • Au lieu des corps, peintures d'Isis Olivier, Cannes-et-Clairan, Encre & Lumière, 2008.
  • Un voyage central et autres récits nomades. Carnet de voyages, Grolley, L'Hèbe, 2006.
  • On m’appelait Judit Scott, Lausanne, Collection de l'art brut, 2006.
  • Les mots savent pas dire. Théâtre, Orbe, Bernard Campiche (Enjeux I), 2005.
  • Passions. Trois suites poétiques, pref. de Claude-Inga Barbey, Vevey, L'Aire, 2003.
  • Calendrier des sèves, peintures de Léonard Félix, Delémont, D'autre part, 2001.
  • En pure perte. Nouvelles, Grolley, L'Hèbe, 2000.
  • Le Magasin pittoresque. Roman, Grolley, L'Hèbe, 1998.
  • La Route étroite du lierre. Poèmes d'amour, Delémont, D'autre part, 1998.
  • Duolithique, photogr. d'Alan Humerose, Delémont, D'autre part, 1997.
  • L’amour borgne. Récit, Frasne/Saint-Imier, Canevas Editeur, 1995.
  • Le Meilleur du monde, Lausanne, L'Aire, 1992.
  • Les Ablutions de Paul-Albert, Saint-Imier, Canevas Editeur, 1989.
Les Prochains. Vingt-cinq portraits anonymes (Delémont, D'autre part, 2012)
Les Prochains. Vingt-cinq portraits anonymes (Delémont, D'autre part, 2012)

Quand on lui demande ce que devient son ex-épouse, Jean-Claude fait un cercle autour de son visage et y inscrit un signe de croix avec le pouce. Ce n’est pas une prière, dit-il, c’est une cible. Manière de dire que si elle réapparaissait devant lui, il n’hésiterait pas à tirer. On n’en saura pas davantage. Il sort du café pour fumer sa Brunette.
Il sent très fort la sueur et le rance ce soir. Il a bossé aux remontées mécaniques. Juste avant la neige, il faut retendre et graisser les câbles. « Vous ne vous rendez pas compte du boulot que ça demande. Vous, vous payez votre abonnement, vous vous laissez traîner là-haut, et adieu je t’ai vu ».
Vous c’est nous, moi et quelques gars d’en bas, de la Ville, ceux qui n’y connaissent rien, mais alors rien du tout. Jean-Claude, ce n’est pas le mauvais bougre, il n’a juste pas eu de chance, ou pas assez de caractère, mais ça revient au même à la montagne, « ce n’est pas comme vous qui avez toujours pété dans la soie. Ici, si tu ne bosses pas, tu n’as rien ».
Alors, JC, Jean-Claude je l’appelle JC, à cause de la référence à l’autre, au Christ, pas pour profaner ou je ne sais quoi, mais plutôt par volonté de marquer une résonnance avec le sauveur du genre humain et le chantre des humbles et des parias, d’autant que par ici, dans la montagne, la religion ça compte, la bible aussi, les prêtres, il y en a encore dans presque chaque famille de noirs, alors, ça aussi ça peut faire résonnance (…)